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Constitution de la Moldavie

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Constitution de la Moldavie
Présentation
Pays Drapeau de la Moldavie Moldavie
Type Constitution
Branche Droit constitutionnel
Adoption et entrée en vigueur
Adoption 29 juillet 1994
Entrée en vigueur 27 août 1994
Version en vigueur 13 novembre 2024

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La Constitution de Moldavie est la loi fondamentale qui définit les institutions de l’État moldave, organise leurs relations et garantit les droits des individus.

Depuis une décision de 2013, la Cour constitutionnelle reconnait la valeur constitutionnelle du préambule de la Constitution de 1994, dont le deuxième paragraphe fait directement référence à la Déclaration d'indépendance de 1991[1]. Dès lors, la Cour reconnait un « bloc de constitutionnalité », sur le même model que la Constitution française, constitué de la Constitution stricto sensu et de la Déclaration d'indépendance[2].

Fruit d'un compromis politique entre les aspirations de la majorité autochtone (deux tiers des habitants) et les exigences de la Russie dans la zone d'influence de laquelle se trouve la Moldavie (relayées sur place par les colons slavophones, soit un tiers de la population du pays), l'actuelle Constitution a été adoptée le . Elle abroge et remplace la Constitution du 15 avril 1978. Elle est adoptée trois ans après la Déclaration d'indépendance, proclamée le , qui était beaucoup plus conforme aux revendications des autochtones (formulées dès 1988 grâce à la « glasnost ») mais suscitait les protestations des slavophones et l'hostilité de la Russie.

La Déclaration d'indépendance du 27 août 1991 proclame que : « La langue officielle de la république de Moldavie est la langue roumaine, et utilise l'alphabet latin. » Un drapeau et des armoiries très proches du drapeau et des armoiries roumaines sont adoptées, ainsi que la devise : « Virtus Romaniae rediviva ». L'hymne d'État de la Roumanie « Réveille-toi, roumain » fut également adopté en Moldavie[3].

Mais les non-roumanophones réagirent très vivement, tandis que la Russie et l'Ukraine leur apportèrent leur soutien, en coupant le gaz et l'électricité (« journées noires » de 1991-92) et résistèrent aux tentatives de la police moldave de prendre le contrôle de la totalité de son territoire (guerre du Dniestr en 1992, perdue par la Moldavie et gagnée par la 14e armée russe, commandée par Alexandre Lebed).

À la suite de ces défaites et des compromis qui s'ensuivirent, la Constitution adoptée le conserve, sur le plan social, la plupart des acquis de la précédente, notamment en matière de libertés civiques et de démocratie, mais c'est sur le plan culturel (avec des incidences politiques importantes) que l'article 13 institue entre les groupes ethniques de Moldavie une discrimination, car si les Russes, Ukrainiens, Bulgares, Gagaouzes et autres ont la liberté de se définir comme membres d'ensembles linguistiques et culturels dépassant le cadre du pays, ce n'est pas le cas des autochtones roumanophones qui eux, s'ils se définissent comme Roumains, sont considérés comme « minorité nationale » dans leur propre pays[4],[5], ce qui provoque chaque année manifestations, affrontements et tensions. Symboliquement, les proportions et les nuances chromatiques du drapeau ont été changés, la devise a été modifiée en « Virtus Moldaviae rediviva », un autre hymne d'état fut adopté (« Notre belle langue ») et surtout, la langue et l'identité des romanophones sont à nouveau officiellement définies comme moldaves, différentes du roumain par l'article 13 de la nouvelle constitution. En 1996, une proposition du président de la république Mircea Snegur de revenir au nom roumain de la langue a été rejetée par le parlement moldave.

Article contesté

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De jure, si les Moldaves (quelle que soit leur appartenance linguistique et culturelle) s'en tenaient à une stricte interprétation de l'article 13 de la constitution du , la « culture moldave » ne devrait concerner que les autochtones de l'ancienne Bessarabie et de l'actuelle république, à l'exclusion de tout autre élément (cultures des minorités : russe, ukrainienne, bulgare ou gagaouze, mais aussi culture roumaine dont la culture moldave fait historiquement partie). Mais, les législateurs le savent, la culture est un phénomène difficile à encadrer juridiquement, elle ne cesse d'échanger, d'innover, de se réinventer.

Sur le plan de la linguistique, et contrairement à la Déclaration d'indépendance du 27 août 1991, l'article 13 de la Constitution du définit la langue roumaine parlée en République de Moldavie, appelée « moldave », comme « différente du roumain » alors que du point de vue scientifique, en termes de sociolinguistique, roumain et moldave sont une seule et même langue, dont les anciens dialectes (langue abstand du passé) et les formes présentes (langue ausbau moderne) présentent assez de traits structurels communs, pour constituer une langue unitaire. Les locuteurs, eux, se comprennent spontanément et complètement sans traducteur ni dictionnaire. Les différences entre parler savant (langue littéraire moderne) et parlers populaires sont les mêmes en Moldavie et en Roumanie. Or l'article 13 de la constitution du interdit de faire référence à la langue nationale sous la dénomination de roumain et d'enseigner que l'histoire des Moldaves s'inscrit dans l'histoire des Roumains (au sens linguistique), ce qui est considéré par le corps enseignant roumanophone comme un abus politique et une entrave à ses libertés.

Sur le plan de la citoyenneté, l'article 13 inscrit dans la vie de l'État une double discrimination linguistique, qui contribue à l'instabilité du pays :

  • d'une part, seuls les autochtones roumanophones et leur langue ont droit au nom de Moldaves (ils sont les seuls « citoyens titulaires » - cetăţeni titulari), ce qui fait que les minorités (un tiers de la population) se sentent étrangères au pays ;
  • d'autre part, seules les minorités ont le droit de développer leur langue, leur culture et leur identité en tant que membres de civilisations dépassant les frontières du pays (russe, ukrainienne, bulgare, turcophone...) ; ce droit est dénié aux Moldaves qui n'ont pas le droit de s'affirmer Roumains, et qui ne se sentent donc pas reconnus dans le pays, eux non plus. Ceux des Moldaves qui, pour avoir le droit de développer leur langue, leur culture et leur identité en tant que membres d'une civilisation dépassant les frontières de l'état, se déclarent « Roumains » aux recensements, perdent leur statut de « citoyens titulaires » et sont considérés comme une « minorité nationale » dans leur propre pays[6].

Ainsi, de facto, la culture moldave transgresse l'article 13 de la Constitution et inclut :

Références

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  1. (en) Cour constitutionnelle de la République de Moldavie, « JUDGMENT ON THE INTERPRETATION of Article 13, par. (1) of the Constitution in correlation with the Preamble of the Constitution and the Declaration of Independence of the Republic of Moldova (Applications No. 8b/2013 and 41b/2013) » [« JUGEMENT SUR L'INTERPRÉTATION de l'article 13, paragraphe 1, de la Constitution, relatif au préambule de la Constitution et à la Déclaration d'indépendance de la République de Moldavie (requêtes n° 8b/2013 et 41b/2013) »] Accès libre [PDF], sur https://constcourt.md/, (consulté le )
  2. (en) Cour constitutionnelle de la République de Moldavie, Constitution of the Republic of Moldova Constitution of the Republic of Moldova »] [« Constitution de la République de Moldavie »], Chișinău, Editura ARC, (lire en ligne Accès libre), p. 151 à 152
  3. Conférence de Mircea Snegur sur Rétrospective de l'indépendance.
  4. Stella Ghervas, "Les Moldaves, le passeport roumain et l'Europe: incompréhensions sur fond de misère", Regard sur l'Est, 15 novembre 2006
  5. Nicolas Trifon, « La Langue roumaine au cœur de la problématique de reconstruction nationale de la république de Moldavie », in Wanda Dressler (éd.), Le Second Printemps des nations, p. 257-281.
  6. Lois discriminatoires concernant les langues sur et recensement de 2004 sur rezultatele oficiale ale recensămîntului din Republica Moldova.

Compléments

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Articles connexes

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Liens externes

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