Ubelteso
| Ulbelteso | |
| Religion préromaine aquitaine et gallo-romaine | |
|---|---|
| Caractéristiques | |
| Autre(s) nom(s) | Ubelteso, Ulbelteso |
| Fonction principale | Divinité locale |
| Lieu d'origine | Oiartzun, Guipuscoa |
| Période d'origine | Époque romaine |
| Culte | |
| Région de culte | Guipuscoa |
| Mentionné dans | Anderregi / Andrearriaga |
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Ubelteso est une divinité attestée dans la région d'Oiartzun, en Guipuscoa, à l'époque romaine. Son nom est connu par une inscription gravée sur une pierre provenant d'Anderregi, également appelée Andrearriaga. Cette inscription constitue un témoignage de l'existence de croyances religieuses locales dans la région à l'époque antique.
Ubelteso et l'inscription d'Anderregi
[modifier | modifier le code]La stèle d’Andrearriaga, découverte à Oiartzun (Gipuzkoa), porte l’inscription « VAL BELTESONIS ». Une ancienne lecture, notamment proposée par Julio Caro Baroja, avait conduit à interpréter Ubeltesonis comme un nom de divinité et à le rapprocher de certains théonymes pyrénéens. Cette interprétation n’est toutefois plus retenue par la recherche actuelle : la lecture proposée par Ignacio Barandiaran, est aujourd’hui considérée comme la lecture de référence. L’inscription est généralement comprise comme un nom personnel, Val(erius) Beltesonis, où Belteson(is) correspond à un anthroponyme d’origine indigène. La stèle est ainsi interprétée comme un monument funéraire plutôt que comme une inscription votive dédiée à une divinité[1],[2].
L’inscription constitue néanmoins un témoignage important de l’onomastique indigène au Gipuzkoa de l’Antiquité. Luis Mari Zaldua classe Beltesonis parmi les anthroponymes d’origine basque ou vasconique attestés dans l'épigraphie de l’époque romaine, tout en soulignant que son étymologie demeure discutée. La forme Beltesonis est attestée à Andrearriaga entre les IIe et Ier siècles avant notre ère et le Ier siècle de notre ère selon la chronologie proposée par Zaldua.[1]. La stèle témoigne ainsi de la coexistence, dans cette région, d’une onomastique latine et d’un nom indigène dans le contexte de la romanisation[3]
La légende de la pétrification
[modifier | modifier le code]Une légende locale rapporte qu’une femme venue du Labourd, montée à cheval, se serait arrêtée auprès de l’ermitage d’Andrearriaga, où étaient vénérées une croix et la Vierge. Elle aurait alors pris le rosaire suspendu aux mains de la Vierge. Alors qu’elle reprenait le chemin du Labourd, un personnage mystérieux lui serait apparu et lui aurait ordonné de rendre le rosaire volé. La femme aurait nié le vol et renforcé sa dénégation par le serment « arribiyur! », formule comprise dans le récit comme une demande de devenir pierre si elle disait faux. Selon la légende, elle aurait alors été transformée en pierre, et la stèle d’Andrearriaga aurait conservé le souvenir de cet événement[4].
Le récit appartient à la tradition légendaire associée à la stèle d’Andrearriaga et à l’ancien ermitage du même lieu. Une version publiée en basque dans Irunero rapporte également l’histoire d’une femme venue du Labourd qui aurait pris le rosaire de la Vierge d’Andrearriaga, puis aurait prononcé « arribiyur! » en demandant à devenir pierre si son affirmation était mensongère[5]. Cette légende associe ainsi le vol d’un objet religieux, le serment et la transformation en pierre comme sanction surnaturelle[4].
Références
[modifier | modifier le code]- 1 2 (eu) Luis Mari Zaldua Etxabe, Gipuzkoa antzinaroan: hizkuntzak eta eremu linguistikoak onomastikaren argitan, Bilbo, Euskaltzaindia, coll. « Izenak », , 99 p. (ISBN 978-84-121889-6-7), p. 27-30
- ↑ (eu) « Andrearriagako hilarria », Donostia, San Telmo Museoa / Museotik (consulté le )
- ↑ (es) Ignacio Barandiarán, « Tres estelas del territorio de los vascones », Caesaraugusta, nos 31-32, , p. 199-225 (ISSN 0007-9502, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 (es) « Andrearriaga », Auñamendi Eusko Entziklopedia (consulté le )
- ↑ (eu) « Arribiyur! », Irunero, no 464, , p. 6-7 (lire en ligne, consulté le )
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- José Miguel Barandiaran (trad. Olivier de Marliave, préf. Jean Haritschelhar, photogr. Claude Labat), Mythologie basque [« Mitología vasca »], Toulouse, E.S.P.E.R, coll. « Annales Pyrénéennes », , 120 p. [détail des éditions] (ISBN 2907211056 et 9782907211055, OCLC 489680103)
- Claude Labat, Libre parcours dans la mythologie basque : avant qu'elle ne soit enfermée dans un parc d'attractions, Bayonne; Donostia, Lauburu ; Elkar, , 345 p. (ISBN 9788415337485 et 8415337485, OCLC 795445010)
- Anuntxi Arana (trad. Edurne Alegria), De la mythologie basque : gentils et chrétiens [« Euskal mitologiaz : jentilak eta kristauak »], Donostia, Elkar, , 119 p. (ISBN 9788497838214 et 8497838211, OCLC 698439519)
- Wentworth Webster (trad. Nicolas Burguete, postface Un essai sur la langue basque par Julien Vinson.), Légendes basques : recueillies principalement dans la province du Labourd [« Basque legends »], Anglet, Aubéron, (1re éd. 1879), 328 p. [détail de l’édition] (ISBN 2844980805 et 9782844980809, OCLC 469481008)
- Jean-François Cerquand, Légendes et récits populaires du Pays Basque : Recueillis dans les provinces de Soule et de Basse-Navarre, Bordeaux, Aubéron, (1re éd. 1876), 338 p. [détail de l’édition] (ISBN 2844980937 et 9782844980939, OCLC 68706678, lire en ligne)
