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Stand-up

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Une scène prête pour un stand-up.

Le stand-up, prononcé en français [stɑ̃d.œp] Écouter (abréviation française de l'anglais américain stand-up comedy, le comique de scène, ou le monologue comique) est un genre comique où un humoriste seul, sans décor ni accessoire, brise le « quatrième mur » en prenant l'auditoire à témoin des histoires qui lui sont arrivées. Cette forme de numéro, qui se pratique en solo (parfois pendant tout le spectacle, on parle alors de one-man-show / one-woman-show), est apparue à la fin du XIXe siècle aux États-Unis et s'est implantée en France au tournant du XXIe siècle, se substituant à la tradition locale du comique de scène et à sa terminologie.

Caractéristiques

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Dans le stand-up, l'humoriste, pour donner plus de spontanéité à son texte, joue debout, d'où le terme stand-up. L'humoriste peut raconter des anecdotes (vraies ou inventées pour la circonstance), faire des observations du quotidien, des bons mots tenant en une seule ligne (one-liners), des interactions avec le public, ou encore de l'absurde.

La structure d'une blague est constituée d'une prémisse et d'une phrase choc (punchline).

États-Unis

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Dick Gregory en 1964.

Si Mark Twain est cité comme précurseur avec ses lectures humoristiques faites à travers le pays au XIXe siècle[1], le genre stand-up comedy n'apparaît toutefois qu'à la fin du XIXe siècle sous la forme de numéros de cabaret et de music-hall présentant des sketches, des histoires drôles, inspirés de situations quotidiennes ou de moments prétendument vécus.

Dans les années 1940, Bob Hope, un acteur, chanteur et humoriste américain d'origine britannique, contribue à la vogue du genre, notamment à travers ses émissions de radio et ses représentations devant le public militaire[1].

Dans les années 1950 et 1960, l'émission télévisée The Ed Sullivan Show contribue à faire connaître des humoristes comme Dean Martin et Jerry Lewis[1].

Parmi la première génération de standup comedians américains, on peut citer Mort Sahl, Miles Bennett et Dick Gregory.

Le genre prend un nouvel essor à New York dans les années 1960-1970, lorsque des humoristes comme Lenny Bruce[2], puis Andy Kaufman repoussent les limites de la bienséance en abordant des sujets politiques, raciaux et sexuels[3].

Inspiré par ce style acerbe, Richard Pryor devient la figure emblématique de la stand-up comedy et de la contre-culture américaine en bouleversant les règles du monologue de scène dans son pays. S'appropriant le terme péjoratif de nigger avec sa création du personnage de Super Nigger, il ouvre la voie à nombre de rappeurs et comiques noirs[4]. La communauté juive et la communauté noire sont connues pour avoir donné nombre d'humoristes de scène renommés, comme Jerry Seinfeld, Woody Allen pour la première et Richard Pryor, Eddie Murphy, Chris Rock et Martin Lawrence pour la seconde.

Les spectacles de stand-up constituent un genre à part entière avec les comedy clubs[5] et la diffusion de spectacles sur des plateformes internationales en ligne[6].

Ce sont les scènes du Broadway Comedy Club, du Comedy Cellar et du Gotham Comedy Club qui accueillent et lancent les carrières de Woody Allen, Chris Rock, Robin Williams, Ellen DeGeneres, Whoopi Goldberg, Eddie Murphy, Jim Carrey.

Îles britanniques

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Statue en bronze de Max Miller britannique

Les humoristes utilisant l'adresse directe au public du début du xxe siècle ont vu le jour dans les music-halls, ouvrant la voie au stand-up en Grande-Bretagne[7],[8],[9]. Morecambe et Wise, Arthur Askey, Ken Dodd et Max Miller sont des humoristes notables de cette époque[7]. Jusqu'en 1968, le régime de censure sévère du Lord Chamberlain's Office exige que tous les humoristes soumettent leur texte à la censure[10].

L'essor des humoristes d'après-guerre a coïncidé avec l'essor de la télévision et de la radio, et le circuit du music-hall traditionnel en a beaucoup souffert[réf. nécessaire]. Des circuits alternatifs se sont mis en place, comme les clubs de travailleurs[10]. Certains des humoristes dont Bernard Manning, Bobby Thompson, Frank Carson et Stan Boardman ont commencé à se produire à la télévision via des émissions comme The Wheeltappers et Shunters Social Club . La scène de la comédie «alternative» a également commencé à évoluer. Certains des premiers succès viennent de clubs de musique folk, où des artistes tels que Billy Connolly, Mike Harding et Jasper Carrott commencent à mêler comédie et musique. Les années 1960 ont vu le boom de la satire, avec notamment la création du club l'Establishment[11]. Victoria Wood lance sa carrière de stand-up au début des années 1980, qui comprend des conversations d'observation mélangées à des chansons comiques.

En 1979, le Comedy Store, premier club de comédie stand-up à l'américaine, est ouvert à Londres par Peter Rosengard, où de nombreuses stars de la comédie alternative des années 1980, telles que Dawn French et Jennifer Saunders, Alexei Sayle, Craig Ferguson, Rik Mayall et Adrian Edmondson commencent leur carrière[12]. Le mouvement s'est rapidement développé de Londres à tout le Royaume-Uni.

Les humoristes les plus connus sont notamment Ricky Gervais, Bill Connolly, Jack Whitehall, Roisin Conaty, Russell Howard, Jimmy Carr, Bill Bailey, Sarah Millican, Dara O Briain, James Acaster, Greg Davies, Dylan Moran, Eddie Izzard [13],[14],[15].

Le monologue comique

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Avant l’implantation du stand-up américain comme genre identifié, nombre d'humoristes français pratiquaient, dans les années 1950 à 1990, le monologue comique d'abord face au public, dans les cabarets et au music-hall, puis à la radio et à la télévision. Ce sont Bourvil (l'un des précurseurs du genre), Robert Lamoureux, Fernand Raynaud (l'un des comédiens les plus connus), Raymond Devos (qui apporte à son comique de scène une tournure toute personnelle).

La scène se renouvelle constamment avec des générations d'artistes comme Guy Bedos, Coluche, Thierry Le Luron dans les années 1970, Pierre Desproges, Alex Metayer, Roland Magdane dans les années 1980, Pierre Palmade, Jean-Marie Bigard, Muriel Robin, Patrick Timsit dans les années 1990. Les radios Rire et Chansons et Generation 88.2 consacrent une grande partie de leur antenne au genre.

Le stand-up

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À partir des années 2000, le genre et le terme se diffusent en France. Des artistes comme Franck Dubosc, Tomer Sisley, Gad Elmaleh ou Jamel Debbouze s’en réclament explicitement[16].

En 2006, Jamel Debbouze et Kader Aoun lancent l’émission Jamel Comedy Club, diffusée sur Canal+[17]. Elle met en avant une nouvelle génération d’humoristes, dont Yacine Belhousse, Thomas Ngijol et Blanche Gardin.

En 2008, Jamel Debbouze achète un théâtre à Paris pour y enegistrer son émission. Il le nomme Le Comedy Club et en fait un lieu régulier de programmation[18]. La même année, Karim Kachour fonde le Paname - Art Café, qui propose des plateaux d'humour et des spectacles quotidiens.

Dans les années 2010, plusieurs humoristes francophones entrent en scène, parmi lesquels Mathieu Madénian[19], Kyan Khojandi[20], Vérino[21], Marina Rollman[22], Shirley Souagnon[23], Olivier de Benoist, Laura Laune, Blanche Gardin, Kev Adams et Fary. Les plateaux d’humour se développent à Paris et dans d’autres grandes villes. Parmi eux figurent le One More Joke, le Dimanche Marrant (créés en 2016[24]) ainsi que le 33 Comedy[25].

Aux plateaux d'humour s'ajoutent des salles et des bars proposant des scènes ouvertes où n'importe qui peut prendre la parole et se produire devant un public[24].

Parmi les lieux cités dans la presse figurent notamment le Paname Art Café, Madame Sarfati, le Barbès Comedy Club, le Fridge Comedy Club, The Joke, La Nouvelle Seine[26],[27] ou le Cartel Comedy Club[28].

En Belgique, la scène stand-up se développe notamment à Bruxelles et sa région. Elle prend la forme de comedy clubs, de plateaux d’humour ou de scènes ouvertes, où plusieurs humoristes se succèdent au cours d’une même soirée.

Parmi les figures belges francophones contemporaines figurent Alex Vizorek, Guillermo Guiz, Fanny Ruwet, Kody ou encore Pierre-Emmanuel. Côté flamand, des artistes comme Alex Agnew ou Philippe Geubels sont également associés au genre.

Comme lieux d'expression du genre, on peut citer le Kings of Comedy à Bruxelles-Ixelles et le Petit Kings à Bruxelles-Saint-Gilles[29].

Dans la fiction

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Notes et références

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  1. 1 2 3 (en) « Stand-up comedy | entertainment », sur Encyclopedia Britannica (consulté le )
  2. (en) « America’s First Stand-Up Philosopher », sur Brandeis Magazine (consulté le ).
  3. «Le stand-up peut être une forme d’art très transgressive», sur Libération.fr, (consulté le ).
  4. Thomas Sotinel, « Richard Ptyor, comique américain », sur lemonde.fr, .
  5. « Les meilleurs comedy clubs de New York », sur frenchdistrict.com, (consulté le )
  6. « Kevin Hart, Louis CK... Des humoristes américains font salle comble en France », sur 20minutes.fr (consulté le ).
  7. 1 2 (en) Oliver Double, Getting The Joke : The Art of Stand-up Comedy, A&C Black, (ISBN 978-0-413-77476-7, lire en ligne), p. 34, 37
    « [C]omedians like Max Miller, Tommy Trinder, Ted Ray, Billy Russell, Suzette Tarri, Beryl Reid and Frankie Howerd performed something which was stand-up comedy in all but name. These performers were known as 'front-cloth comics.' The name derives from the staging of British variety theatre, in which acts which used the full stage—such as sketch comedians who normally used the set—alternated with ones which could be performed in front of the [stage] curtain—the front-cloth comedians… Front-cloth comedy existed at least as early as the 1920s… [British] [f]ront-cloth comedians… [survived] their US equivalents, the monologists, because British variety survived decades longer than American vaudeville… [F]ront-cloth comics on the variety theatres had used catchphrases, costumes and comic personas, their acts fleshed out with songs and even dances »
  8. (en) I.Q. Hunter et Laraine Porter, British Comedy Cinema, Routledge, , 240 p. (ISBN 978-1-136-50837-0, lire en ligne)
    « In 1929, he finally settled on Frank Randle and became a 'front-cloth' comic, performing his character sketch routines. »
  9. (en) Oliver Double, Britain Had Talent : A History of Variety Theatre, Macmillan International Higher Education, , 288 p. (ISBN 978-1-137-26562-3, lire en ligne)
    « The line connecting Max Miller to modern comedians such as Michael McIntyre is by no means unbroken, but the fact is that the very form of stand-up evolved from music hall song, and started life as the front cloth comedy of variety. »
  10. 1 2 Fisher, J Tommy Cooper: Always Leave Them Laughing (ISBN 978-0-00-721511-9)
  11. "So Farewell Then: The Untold Life of Peter Cook" Cook, Wendy E. (ISBN 0-00-722893-7), p. 139-144
  12. Wilmut, R and Rosengard, P Didn't You Kill My Mother-In-Law: The Story Of Alternative Comedy In Britain. (ISBN 978-0-413-17390-4)
  13. (en) « The Ultimate Top 20 Best Stand-Up British Comedians », sur Champions Music & Entertainment (consulté le )
  14. (en) « Top 5 British Stand-Ups Streaming On Netflix », sur What's on Netflix, (consulté le )
  15. (en) « The Best British And Irish Comedians 2018 », sur Ranker (consulté le )
  16. « Génération Jamel Debbouze, l’humour pour tous », France Inter, (lire en ligne, consulté le ).
  17. « Les humoristes du Jamel Comedy Club », sur mag.agendaculturel.fr (consulté le ).
  18. « La troupe de Jamel Debbouze sur les planches du Comedy Club », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le ).
  19. Le Point, magazine, « Mathieu Madénian, le nouveau talent du stand-up », Le Point, (lire en ligne, consulté le ).
  20. « Kyan Khojandi : « Bref, je fais du stand-up » », Elle, (lire en ligne, consulté le ).
  21. « Vérino : “Le stand up est au théâtre ce que le rap est à la musique” », Télérama.fr, (lire en ligne, consulté le ).
  22. « Marina Rollman, étoile montante de l’humour », start.lesechos.fr, (lire en ligne, consulté le ).
  23. « Interview Shirley Souagnon : le stand-up, la vie, etc. », Le spot du rire, (lire en ligne, consulté le ).
  24. 1 2 « Paris est-elle la nouvelle capitale du stand-up ? », Télérama.fr, (lire en ligne, consulté le ).
  25. « Plateaux d'humour, stand-up et comedy clubs à Paris », Le spot du rire, (lire en ligne, consulté le ).
  26. Marie Lehodey, « Au Festival du « Monde », avec La Nouvelle Seine Comedy Club, une blague vaut mille débats », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  27. Rossana Di Vincenzo, « Les meilleurs comedy clubs de Paris, du plus intimiste au plus branché », Télérama, (lire en ligne, consulté le )
  28. « Humour. Justine sera « En rodage » à Caen : « Je surligne en rouge les blagues qui ont marché la veille » », sur actu.fr, (consulté le )
  29. Stéphanie Bocart, « Un nouveau lieu dédié au stand-up s'ouvre à Bruxelles : après le Kings of Comedy Club à Ixelles, voici le Petit Kings à Saint-Gilles », La Libre Belgique, (lire en ligne, consulté le )

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Articles connexes

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Liens externes

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