Mathieu Merle
| Naissance | Uzès |
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| Décès |
Mathieu de Merle, ou Mathieu Merle, né en 1548 à Uzès et mort en 1584, est un capitaine protestant qui sème la terreur dans le sud de l'Auvergne, le Gévaudan et le Velay durant les guerres de Religion.
Biographie
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Il est l'un des trois fils d'Antoine de Merle et de Marguerite de Virgilli. Il épouse, le 20 octobre 1576 au Château supérieur (Castelsoubro) de Roffiac, Françoise d'Auzolles, fille de Guyot d'Auzolles, seigneur de Serre et de Françoise de La Rochette[1]. On leur connaît deux enfants, Marie et Heralh (1583-1621), baron de Lagorce et héritier de son père.
Mathieu de Merle entre en 1568 au service de Jacques de Crussol comme arquebusier de sa garde, et le sert jusqu'en 1570. Il devient ensuite écuyer du vicomte Astorg de Peyre qui est assassiné à Paris, en 1572, lors des massacres de la Saint-Barthélemy. Sa veuve, Marie de Crussol, l'encourage à poursuivre le combat protestant, marquant le point de départ d'un engagement pour la cause réformée.
Il participe activement aux combats des guerres civiles entre 1568 et 1581, et y gagne une réputation de cruauté colportée par ses opposants catholiques, en particulier à propos de la prise de Mende en 1579[2]. Le 28 avril 1578, il est nommé gentilhomme ordinaire de la chambre du roi de Navarre, puis gouverneur de Mende en 1580.
À la tête de ses troupes, il s'enrichit considérablement en cumulant rançons et butins[3]. C'est ainsi qu'il acquiert le gouvernement de Marvejols en 1575, la baronnie de Lagorce en juin 1582, ainsi que d'autres fiefs en Vivarais comme Salavas[4].
La date de sa mort, longtemps demeurée incertaine, est désormais établie entre le 28 mars et le 6 avril 1584[5].
Ses Mémoires, restés inachevés et centrés sur les opérations militaires menées jusqu'en 1581, sont rédigés par l'un de ses compagnons d'armes, le colonel Mathieu de Gondin. Ils révèlent une élévation sociale rendue possible par la guerre, appuyée sur l'affirmation d'une autorité dans l'espace des campagnes menées, et renforcée par l'acquisition de terres et de titres[6].
Faits d'armes
[modifier | modifier le code]- Le 17 novembre 1573 il s'empare de la ville du Malzieu en Gévaudan, accompagné de 25 à 30 soldats, et y assassine 13 prêtres ainsi que le curé de Rimeize[7]. Il enferme les habitants les plus notables dans la grande tour, et rançonne leur liberté[8].
- En 1574 il s'empare d'Ambert.
- En 1575, il s'empare d'Issoire : "...sa troupe pénètre dans les maisons, pille et rançonne jusqu'aux protestants eux-mêmes. Les églises sont ensuite visitées : les tableaux, statues, vitraux, orgues, sont jetés dans un brasier allumé sur la grande place. Le matin, on trouve cinq moines étendus morts sur le pas du monastère[9]". Merle réclame à la population 50000 livres. Il essaie de brûler l'église Saint-Ostremoine et fait écorcher vifs trois religieux[10].
- Il échoue devant Saint-Flour en août 1578.
- La nuit de Noël 1579, Merle s'empare de la capitale du Gévaudan, Mende, qui lui résistait depuis deux ans. Venu de Marvejols, ses soldats attendent que les Mendois assistent à la messe de minuit pour entrer dans la cité "par coups d'échelle[11]". Le capitaine fait ensuite fondre la Non Pareille, la plus grosse cloche du monde[12] afin de se faire fabriquer des couleuvrine et autres boulets à canon.
- En décembre 1580 il attaque avec ses troupes Bédouès et la collégiale créée par Urbain V, tuant les chanoines et pillant le village.
Sources et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Antoine comte de Pontbriant, Le capitaine Merle, baron de Lagorce, gentilhomme du Roy de Navarre, et ses descendants avec lettres et documents inédits ..., A. Picard, (lire en ligne)
- ↑ Parmi les voix catholiques contemporaines hostiles à Mathieu de Merle, l'Histoire Universelle de Jacques-Auguste de Thou occupe une place singulière. L'historien y note, à propos de la prise de Mende en 1579 : "la ville fut saccagée, & les Eglises furent ruinées de la manière du monde la plus barbare". Voir Jacques-Auguste de Thou, Histoire universelle de Jacques-Auguste de Thou, depuis 1543 jusqu’en 1607, tome septième, Londres, 1734, p. 380.
- ↑ Mathieu de Merle, Mémoires de Mathieu Merle, Paris, Chez l'éditeur du commentaire analytique du code civil, 1850, p. 489. Le texte précise qu'en 1576, après la restitution d'Issoire au roi de Navarre, le capitaine regagne Uzès "avec très-beau équipage", une expression qui traduit l'abondance du butin conquis.
- ↑ L’acte de vente a été intégralement reproduit par la société d’agriculture de la Lozère. Voir Bulletin de la Société d’agriculture, industrie, sciences et arts du département de la Lozère, vol. 18, Mende, Imprimerie Privat, 1867, deuxième partie, p. 311-324. Il figure également dans les pièces produites lors d’une procédure en contestation de la cession au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle ; voir Arch. dép. de la Lozère, G. 626, 1581-1706, Procédure entre Joseph-Philibert d’Apchier, comte de La Baume, d’une part ; l’évêque, le chapitre et les consuls de la ville de Mende, d’autre part.
- ↑ Georges Amiaud-Bellavaud, Quelques documents attardés : un chef huguenot, le capitaine Merle, Uzès, Peladan, 1963, 121 p.
- ↑ Bruno Morgant-Tolaïni, « Mathieu de Merle, capitaine protestant : combats, écritures et mémoires concurrentes depuis les marges pendant les guerres de Religion », Revue d’histoire de Nîmes & du Gard, 2026, no 41, p. 87‑102.
- ↑ Ce tant rude Gévaudan - Tome I, Félix Buffière, p. 828
- ↑ Merle et 1 600 prêtres massacrés, Paul Pourcher, Saint-Martin de Bourbaux, 1883.
- ↑ Livre "Le diocèse du Puy-en-Velay des origines à nos jours", de Pierre Cubizolles, page 269.
- ↑ Idem
- ↑ Mathieu de Merle, Mémoires de Mathieu Merle, op. cit., p. 490.
- ↑ (fr) l'Histoire de la non pareille
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Georges Amiaud-Bellavaud, Un chef huguenot : le capitaine Merle et les Guerres de Religion, notamment en Auvergne, Gévaudan et Vivarais, Uzès, Peladan, 1958, 405 p.
- Bruno Morgant-Tolaïni, « Mathieu de Merle, capitaine protestant : combats, écritures et mémoires concurrentes depuis les marges pendant les guerres de Religion », Revue d’histoire de Nîmes & du Gard, 2026, no 41, p. 87‑102.
