La Vengeance Anarchiste
| Format | |
|---|---|
| Fondateur | |
| Date de création |
mars 1883 |
| Date de fin |
avril 1883 |
| Date de dissolution | |
| Lieu de publication |
Paris |
La Vengeance Anarchiste est un journal anarchiste publié dans la première partie de 1883 par différents anarchistes. Ce journal, qui se présente comme successeur de L'Étendard révolutionnaire rassemble en particulier Louise Michel ou encore Émile Gautier. Il s'interrompt après son deuxième numéro.
Dans son premier numéro, Marguerite Leloup publie un article remarqué sur les femmes et la lutte anarchiste.
Histoire
[modifier | modifier le code]Contexte
[modifier | modifier le code]Au XIXe siècle, l'anarchisme naît et se constitue en Europe avant de se propager[1]. Les anarchistes défendent la lutte contre toutes formes de domination perçues comme injustes, en premier lieu la domination économique, avec le développement du capitalisme[1]. Ils sont particulièrement opposés à l'État, vu comme une institution permettant d'entériner ces dominations au travers de sa police, son armée et sa propagande[2].
La Vengeance Anarchiste
[modifier | modifier le code]La Vengeance Anarchiste est fondée en mars 1883 à Paris par un groupe d'anarchistes[3]. Le journal se présente comme le successeur de L'Étendard révolutionnaire lyonnais[3]. Publié sur deux numéros uniquement avant de s'interrompre, les seules signatures d'articles dans le journal sont celles de Louise Michel, Émile Gautier et Marguerite Leloup[3]. Louis Duprat est chargé de récolter les fonds pour le journal avant qu'il ne se lance[4].
Il s'agit d'une des rares publications politiques de l'histoire à revendiquer le terme de vengeance en lui donnant un aspect positif[5]. L'historien de la presse anarchiste René Bianco y remarque l'article sur Johann Most et La femme anarchiste par Marguerite Leloup[3].
La femme anarchiste
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Dans l'étude qu'elle fait des anarchistes de cette période, l'historienne Marie-Pier Tardif remarque que le texte de Leloup est l'un des premiers textes anarchistes écrits par une anarchiste qui ne serait pas Louise Michel[6]. De plus, dans cet article, Leloup met en exergue plusieurs éléments que Tardif relève, comme le fait qu'elle mentionne la place différenciée des femmes au sein des cercles anarchistes de la période[6].
Elle relève que « le rôle des femmes reste limité en raison des préjugés de genre qui les écartent du politique » ou encore que les femmes sont moins bien éduquées que les hommes, ce qui les place en situation d'infériorité intellectuelle[6]. Cependant, Leloup ne se résigne pas à la situation et soutient que plusieurs anarchistes réclament leurs droits et une place au sein du mouvement[6]. Dans les perspectives de l'autrice, la « femme anarchiste » est présentée comme « une militante qui s’engage aux côtés des hommes dans la lutte révolutionnaire tout en cherchant à améliorer sa propre situation sociale »[6].
Sources primaires
[modifier | modifier le code]- Collection du site-archive Archives Anarchistes versée à Commons et couvrant le premier et seul numéro. Translittération de tous les articles du journal disponible sur Wikisource.
Références
[modifier | modifier le code]- Jourdain 2013, p. 13-15.
- ↑ Ward 2004, p. 26-33.
- René Louis (1941-2005) Bianco, « Bianco (Bi 2154). La Vengeance anarchiste : organe hebdomadaire », sur bianco.ficedl.info (consulté le )
- ↑ Rolf Dupuy, « DUPRAT, Louis, François “PAUL” ; “PILOUX” », sur Dictionnaire international des militants anarchistes (consulté le )
- ↑ Bourdin 2010, p. 12.
- Tardif 2021, p. 63-66.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Jean-Claude Bourdin, Faire justice soi-même : Études sur la vengeance, Rennes, Presses Universitaires de Rennes (PUR), (EAN 9782753510807, lire en ligne)
- Édouard Jourdain, L'anarchisme, Paris, La Découverte, (ISBN 978-2-7071-9091-8)
- Marie-Pier Tardif, Ni ménagères, ni courtisanes. Les femmes de lettres dans la presse anarchiste française (1885-1905) (thèse de doctorat), Lyon, Université Lyon 2, (lire en ligne
) - (en) Colin Ward, Anarchism: A Very Short Introduction, Oxford, Oxford University Press (OUP),
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Facs similés du premier numéro en entier sur Archives anarchistes ici : (1)