CONCERTATION NATIONALE - Les résolutions après mai 2027

Le coup d’envoi de la concertation nationale a été donné, hier, durant un culte œcuménique au village Voara, Andohatapenaka. À cette occasion, le FFKM a fait part du chronogramme des consultations dont les résolutions seront présentées après mai 2027.

Le FFKM se fixe comme objectif de démarrer les débats au niveau des Fokontany, le 14 septembre.

La partie est enfin lancée. Comme attendu, le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) a lancé officiellement, hier, la phase opérationnelle de la concertation nationale. Un coup d’envoi donné durant un culte œcuménique qu’il a organisé, hier, au village Voara, Andohatapenaka.

Outre la présentation de la structure qui pilotera le processus, notamment son coordonnateur national, le FFKM a également présenté le chronogramme de la concertation nationale, hier. L’échéance majeure annoncée par les Églises est que les résolutions issues des débats « seront présentées après mai 2027 ». Dans l’immédiat, il y aura une session de formation des formateurs à partir de ce jour jusqu’à vendredi, au Centre de conférences internationales (CCI) d’Ivato.

Des formations des facilitateurs de la concertation au niveau des districts, des communes et des Fokontany se tiendront ensuite du 1er au 11 septembre. L’institution ecclésiale se fixe comme objectif de démarrer la concertation proprement dite à partir des Fokontany, le 14 septembre. Le chronogramme des Églises indique ainsi que celles au niveau des communes devraient commencer le 5 octobre, puis le 26 octobre pour les districts et le 16 novembre pour les régions.

La concertation au niveau national est prévue en mars 2027. Les résolutions seront donc publiées après mai 2027. Le chronogramme dont les Églises ont fait part, hier, pourrait bousculer celui établi par l’État et inscrit dans le Programme de la Refondation de la République. Ce document prévoit une première échéance électorale, un référendum ou une élection constitutionnelle, entre mai et juillet 2027. Le ou les projets de Constitution qui seront soumis au vote des citoyens devront découler des résolutions de la concertation nationale.

Respect du délai imparti

De prime abord, une course contre la montre pourrait s’enclencher après la publication des résolutions du processus de concertation nationale. Sauf changement, le document sera en effet remis à un comité d’experts qui rédigera le ou les projets de Constitution. Il faudra s’accorder une période pour les différentes étapes d’adoption afin d’en faire un ou des projets de Loi fondamentale. L’éventualité que la concertation recommande la mise en place d’une Assemblée constituante est également à prendre en compte.

L’autre objectif inscrit dans le Programme de la Refondation de la République est que la présidentielle se tienne avant fin 2027. Toutefois, l’idée est que la prochaine course à la magistrature suprême ait comme socle juridique la Constitution de la Ve République. Un décalage du calendrier du référendum ou de l’élection constitutionnelle risque pourtant d’impacter celui de la présidentielle également.

Dans leurs prises de parole, hier, le colonel Thierry Rampanarivo, haut conseiller de la Refondation, et Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre, se sont voulus rassurants sur le respect de l’engagement de boucler la transition d’ici fin 2027. « L’objectif est de respecter le délai imparti et de procéder à des élections dans des conditions transparentes, crédibles, pacifiques et acceptées de tous », déclare le colonel Rampanarivo, en rappelant que c’est le but des consultations politiques menées par le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État.

Le haut conseiller de la Refondation souligne ainsi que la réforme de la gouvernance électorale peut être menée en parallèle à la concertation nationale. «Nous ne pouvons pas attendre. Ce qui peut être fait dès maintenant, doit être fait dès maintenant. S’il y a des préparatifs qui peuvent être faits aujourd’hui, alors pourquoi attendre demain», soutient-il. De prime abord, le cadre des élections voulues pour 2027 pourrait découler d’un consensus politique.

Pour sa part, le Premier ministre affirme que « le gouvernement que je conduis apportera son soutien total à la concertation nationale afin de ne pas aller au-delà du chronogramme établi. Pour que la Refondation [institutionnelle] soit concrétisée en 2027, et pour que les Malgaches aient un Gouvernement légalement élu ». Ainsi soit-il.

Garry Fabrice Ranaivoson 

1 Commentaires

  1. Le pari est lancé et l’essentiel se peaufine pour faire table rase du passe . Tout le monde s’accorde à dire que la refondation doit creuser le chemin de la démocratie , la création d’institutions fortes et d’un pays apaisé œuvrant pour le progrès et le développement. . Le processus est parsemé d’embûches surtout si le pouvoir actuel ne s’attelle pas à mater rapidement l’autre ancien président déchu qui garde encore une capacité de nuisance réelle avec l’appui de reny Malala !

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