Avec une trentaine de journalistes dûment accrédités et quelques autres ayant bénéficié de Fan ID (le fameux passe réservé aux supporters de tous les pays du monde), la presse sénégalaise était bien représentée au Mondial 2018 qui a bouclé, hier, ses huitièmes de finale.
Et comme à presque chaque grand événement sportif international depuis quelques, l'Association nationale de la presse sportive du Sénégal (Anps) a assuré la préparation, la coordination et le suivi du travail des envoyés spéciaux de la presse nationale.
Déjà, en amont, le président de l'Association, Abdoulaye Thiam, rédacteur en chef du journal Sud quotidien, a « effectué deux missions de prospection grâce à l'Etat pour pouvoir trouver un endroit convenable où loger tous les journalistes afin qu'ils puissent être dans des conditions optimales de performance ».
C'est ainsi qu'un hôtel sis à Kaluga, la ville où les Lions avaient installé leurs quartiers dans ce Mondial, a été retenu pour leur servir de base. Ce qui a permis à ses confrères, selon lui, « de faire leur travail comme il le faut ». Dans la mesure du possible. Car tout n'a pas été facile.
Le président de l'Anps déplore particulièrement « ces huis clos de l'équipe nationale qui ne disaient pas leur nom ». Abdoulaye Thiam ne comprend pas comment et pourquoi la Tanière a pu ainsi se barricader, refusant tout accès aux journalistes, même sénégalais.
Surtout Sénégalais. « Rien ne peut justifier que des journalistes déplacés en Russie pour assurer le service public de l'information n'aient pu « rencontrer le sélectionneur national Aliou Cissé que les veilles de match ou le jour d'après, comme n'importe quel autre journaliste de n'importe quel autre pays ». D'après Abdoulaye Thiam, « c'est la première fois qu'on assiste à un tel scénario. C'est triste. Et c'est à déplorer et à dénoncer avec vigueur ».
Pourtant, d'après le président de l'Anps, « nous avions proposé à la fédération de faire en sorte que la presse nationale puisse disposer de deux joueurs à chaque séance d'entraînement ouverte aux journalistes.
Malheureusement, on n'a pas tenu compte de nos suggestions ». Les Lions se sont « bunkérisés » durant tout le tournoi, n'offrant que des miettes (les 15 premières minutes de leurs séances d'entraînement, essentiellement consacrées à ... l'échauffement.
Comme si les journalistes sénégalais « jouaient » contre leur équipe. Or, « il n'y a pas plus patriotes que la presse. Si nous sommes là, c'est parce que c'est notre boulot.
Nous ne sommes pas des supporters, nous sommes des journalistes ; notre mission, c'est d'informer juste et vrai », proteste le président de l'Anps. Et d'ajouter : « Nous ne sommes pas là pour raconter tout ce qui se passe dans la Tanière. Il y a des choses que nous ne dirons jamais pour l'intérêt supérieur de la Nation ».
Black-out
En fait, en dehors des rendez-vous officiellement inscrits à l'agenda de la Fifa et qui sont les mêmes pour toutes les équipes participantes à ce Mondial russe, les journalistes sénégalais n'ont pu rencontrer leurs compatriotes footballeurs qu'une seule fois.
Le lendemain de leur arrivée à Kaluga en provenance d'Autriche où ils avaient disputé leur dernier match de préparation (gagné 2 - 0 contre la Corée du Sud), Pape Alioune Ndiaye et Mbaye Niang s'étaient présentés face à la presse nationale et internationale. Après, plus rien. Malgré ce black-out, le président de l'Anps trouve que « les journalistes sénégalais ont fait leur travail convenablement ».
Alors que la plupart de ses confrères sont rentrés au pays dans la foulée de l'élimination des Lions, le président Abdoulaye Thiam et quelques membres du bureau de l'Anps sont restés en Russie pour « veiller » sur ceux qui y sont encore. A dessein (pour suivre le reste de la compétition) ou involontairement (parce qu'ayant des problèmes de vol retour).
Si, d'après lui, l'Anps a pu appuyer, « comme d'habitude », les reporters sénégalais présents à cette 21ème Coupe du monde de football, c'est « grâce au soutien du Président de la République Macky Sall qui a instruit le ministre des Sports de décaisser environ 50 millions de FCfa au profit des journalistes sénégalais accrédités ou pas. C'est important de faire cette mise au point ».
Car, rappelle-t-il, « tous les journalistes qui ont eu des Fan ID (étaient) avec nous à Kaluga ». Et l'Anps qui n'a pas vocation à se substituer aux rédactions s'est employée « à venir en appui ». Ce qui, d'après lui, n'a jamais été synonyme de distribution de sommes d'argent...


